Et si personne ne revenait quand l’eau monte ?
L’eau montait sans répit.
Je tentais de me hisser, mais mes pattes glissaient, impuissantes contre la force du courant. Le froid me mordait jusqu’aux os, et ma fourrure détrempée pesait comme une armure de tristesse. Tout semblait avoir disparu – les voix, les silhouettes, la chaleur d’un regard. Il ne restait que les roseaux, frémissant autour de moi, comme un dernier refuge fragile. 💔
J’ai tourné la tête, espérant une ombre familière, un appel, une main tendue. Rien.
Seulement le murmure de l’eau et le fracas de mon cœur qui battait trop vite.
Je voulais tenir bon, être forte, mais la fatigue m’envahissait. Chaque souffle était une lutte, chaque battement une promesse de ne pas céder.

Les secondes s’étiraient, lourdes et infinies.
J’avais déjà connu l’oubli – et la peur qu’il revienne me serrait la gorge. Pourtant, au fond, une petite flamme refusait de s’éteindre. Peut-être, quelque part, quelqu’un pensait encore qu’une petite chienne perdue méritait qu’on la sauve. 🐾